La chapelle de la Mère de Dieu, sur les pentes de l'Athos (1.500 m d'altitude)

La lumière dans le cœur.

Il avait besoin d’indépendance pour mener ses recherches er mûrir sa décision ; c’est pourquoi, au lieu de faire d’emblée acte d’obéissance auprès d’un des Anciens qui vivaient à cette époque, il négocia un arrangement pour cohabiter avec un vieux moine des environs. De là, il se rendait souvent à la grotte de saint Athanase, le « Patriarche » du Mont Athos (†1001), et y rencontrait le père spirituel qui résidait là, homme paisible et ascète endurant. Mais cela ne plaisait pas à son hôte qui se mit à le traiter rudement, comme s’il avait autorité sur lui. Encore….

Il nous disait par la suite : « M’efforçant alors à trouver une explication à cette situation, à ma façon, je finis par ne plus pouvoir retenir mon indignation et mon chagrin : ce que je cherchais avec ardeur pour Dieu, non seulement je ne le trouvais pas, mais encore les hommes ne m’aidaient pas. J’allai alors dans un endroit isolé, une sorte de grotte que je connaissais, et je me mis à implorer Dieu avec beaucoup de larmes :

– Ô mon Dieu plein de bonté, disais-je, Toi qui sais tout et qui m’as tiré hors de la vanité du monde et m’as donné la force de Te suivre, pourquoi m’as-Tu abandonné ? Je demande Ta miséricorde et Ta Grâce pour suivre ce que Tu m’as enseigné avec les vies de Tes saints. Aide-moi ! J’ai entendu Ta voix et j’ai tout abandonné. “Enseigne-moi à faire Ta volonté car Tu es mon Dieu !” (Psaumes 142, 10)

Ce jour-là j’ai beaucoup pleuré comme jamais auparavant. Je me plaignais que Dieu ne m’aidait pas comme je l’avais espéré. Je disais que je ne partirai pas de là jusqu’à ce qu’Il me montre Sa Miséricorde. Je m’adressais aussi à Notre Dame et l’implorait. Comme j’étais là et que je regardais vers les pentes de l’Athos, où était bien visible la petite chapelle dédié à la Toute-Sainte, je ressentis comme un tressaillement de joie. Au même moment, je vis un rayon lumineux sortir de la chapelle, comme un arc-en-ciel, et venir me toucher. Je subis immédiatement un changement d’état. J’étais rempli de lumière dans mon cœur et au dehors et partout et je ne sentais plus si j’avais un corps. Alors la prière se mit à se dire en moi, avec un rythme tellement régulier que j’en fus stupéfait. »

Sources : Texte condensé et complété, traduit de l’ouvrage : « L’ancien Joseph l’Hésychaste » du Père Joseph de Vatopaidi (01/07/1921- 01/07/2009), éditions du Monastère de Vatopaidi (en Grec) et extraits condensés de la traduction intégrale d’Yvan Koenig, dans la collection « Épiphanie – Tradition orthodoxe – Grands spirituels orthodoxes du XXème siècle » dirigée par Jean-C1aude Larchet, aux Éditions du Cerf, Paris, 2002