La Croix plantée au sommet du Mont Athos, à côté de la chapelle dédiée à la Transfiguration du Sauveur (2.030 m d'altitude)

Rencontre au sommet.

« Je ne sais pas combien de temps ça avait duré. Je revins à moi au même endroit, mais le soleil commençait à se coucher. Alors le vieux moine m’appela, repentant de sa conduite, et nous retournâmes à sa cabane. Depuis lors, cet état de prière ne m’a jamais quitté : elle se disait dans mon cœur, sans effort, mais elle n’avait pas cette énergie prodigieuse qu’elle avait eue la première fois. » Encore…Désormais, il s’efforçait de demeurer en permanence dans des lieux retirés pour y vaquer à la prière en toute quiétude. Il quitta la région de Vigla et explorait les grottes et autres lieux où, selon les traditions, avaient vécu des hommes de Dieu. Pour vivre, il façonnait des brosses de balais avec des branches de buissons et les apportait au Monastère de la Grande Lavra, et on lui remplissait son sac de pain sec. Avec cela il passait des semaines entières, puis il revenait.

Cet été-là, il parcourut les hauteurs de l’Athos. Le plus souvent, il allait dans la chapelle de la Mère de Dieu, d’où s’était produit le grand événement, située sur le versant. Le jour de la fête de la Transfiguration, il monta jusqu’au sommet avec les Pères qui la célébraient. Là, il rencontra le Père Arsène.

Originaire du Pont en Asie Mineure, le Père Arsène avait émigré dans le Caucase, pour fuir la brutalité des Turcs. Il partit se faire moine en Palestine, à la recherche d’un environnement calme et pauvre. Finalement, il se rendit à la Sainte Montagne. Il devint moine du grand habit au Monastère de Stavronikita, qui était alors idiorythmique, puis il s’installa au nord de la région centrale du Mont-Athos. Il était attiré par la vie érémitique hésychaste mais ne se décidait pas à commencer seul. Lorsqu’il entendit parler d’un jeune moine en quête de ce genre de vie dans la région de Lavra, il partit à sa recherche. C’est ainsi qu’ils se rencontrèrent lors de la fête de la Transfiguration, au sommet du Mont Athos.

Ils parlèrent quelque temps, s’entendirent sur leur règle de vie, décidèrent de mener la lutte ensemble et se mirent en route pour demander conseil au Père Daniel de Katounakia. Ils voulaient savoir où et comment ils commenceraient leur combat spirituel sans risque d’illusion, avec la prière des Anciens et la protection assurée de la Grâce de Dieu.

Sources : Texte condensé et complété, traduit de l’ouvrage : « L’ancien Joseph l’Hésychaste » du Père Joseph de Vatopaidi (01/07/1921- 01/07/2009), éditions du Monastère de Vatopaidi (en Grec) et extraits condensés de la traduction intégrale d’Yvan Koenig, dans la collection « Épiphanie – Tradition orthodoxe – Grands spirituels orthodoxes du XXème siècle » dirigée par Jean-C1aude Larchet, aux Éditions du Cerf, Paris, 2002