Le jeune moine Joseph l'Hésychaste

Tonsure.

L’Ancien Daniel leur dit laconiquement : « Avez-vous un Ancien ? Sans la bénédiction d’un Ancien, aucune œuvre de notre vie monastique ne porte du fruit. Allez auprès d’un Vieillard, quelque simple qu’il paraisse, soumettez-vous à lui. Après sa mort et une fois que vous l’aurez déposé dans le tombeau, vous recevrez en héritage la bénédiction de Dieu qui vous accompagnera et vous dirigera dans chacun de vos progrès. » Encore…Naturellement, il leur était impossible de ne pas suivre ce conseil : leur zèle dans la recherche de la voie droite et la gravité du conseil de ce saint Ancien firent qu’ils acceptèrent ces paroles comme une parole de Dieu, une authentique révélation. Ils le remercièrent et lui promirent d’obéir à son conseil. Avec sa prière et sa bénédiction, ils découvrirent rapidement, proche de là, la cabane de l’Annonciation où vivaient les Anciens Joseph et Éphrem. Ces deux frères selon la chair, très âgés, venaient d’Albanie. Ils habitaient là depuis leur jeunesse, menant le bon combat avec beaucoup d’assiduité selon la tradition du monachisme athonite.

À cette époque, le vieux Joseph mourut. Il ne restait que l’Ancien Éphrem-le-tonnelier, appelé ainsi parce qu’il fabriquait des tonneaux pour le vin ainsi que d’autres ouvrages de bois. C’était un homme simple, sans malice, paisible, calme, incroyablement silencieux et plein de bonté.

Le vieil Éphrem ne savait comment exprimer sa joie devant la présence et l’obéissance empressée de ses jeunes disciples. Ceux-ci s’adaptèrent rapidement et sans réserve à son rythme et à son mode de vie.

Afin de pouvoir se consacrer davantage au combat de la prière, qui requiert l’hésychia et plus particulièrement la garde de l’esprit, comme le disent les Pères qui l’ont pratiquée, notre jeune ascète se fabriqua, à la limite de la zone qu’il occupait, une sorte de grotte sous un grand rocher incliné et l’entoura d’une palissade. Chaque soir, après le coucher du soleil, il s’y retirait pour prier. Pour suivre son programme avec exactitude, il réglait un réveil de manière à ce qu’il sonne au bout de six heures et le mettait à quelque distance pour ne pas être dérangé : il ne l’entendait que lorsqu’il sonnait. Alors, il se rendait dans sa cellule pour se reposer.

Ce trait lui était propre, c’était un intense combat spirituel, qu’il ajoutait aux autres devoirs habituels de la vie monastique.

Pendant leur séjour à Katounakia, l’Ancien Éphrem conféra le grand habit monastique à François, lui donnant le nom de Joseph en souvenir de son frère défunt. Sa tonsure eut lieu dans la grotte de saint Athanase, le desservant étant le père confesseur qui s’était retiré là.

Sources : Texte condensé et complété, traduit de l’ouvrage : « L’ancien Joseph l’Hésychaste » du Père Joseph de Vatopaidi (01/07/1921- 01/07/2009), éditions du Monastère de Vatopaidi (en Grec) et extraits condensés de la traduction intégrale d’Yvan Koenig, dans la collection « Épiphanie – Tradition orthodoxe – Grands spirituels orthodoxes du XXème siècle » dirigée par Jean-C1aude Larchet, aux Éditions du Cerf, Paris, 2002