Θεολογία και ΖωήΣυναξαριακές Μορφές

Cet esprit et vérité, c’est notre foi, une foi vraie et forte!

2 Μαΐου 2010

 La conversation entre Jésus-Christ et la Samaritaine

Dans l’ Évangile de ce jour, nous entendons le récit de la rencontre de notre Seigneur avec une simple femme. Cette femme n’allait pas au Temple, ni à la prière, ni même n’était en chemin pour accomplir quelque bonne oeuvre. Elle allait simplement chercher de l’eau, comme des milliers de femmes dans tous les pays, et comme elle l’avait fait depuis ses jeunes années. Prenant sa cruche, elle avait à marcher jusqu’au puits, qui se trouvait dans une vallée (ce puits existe encore de nos jours), y faire descendre sa cruche pour la remplir, et revenir en gravissant le chemin de montagne jusqu’à son village.
Bien qu’elle ne s’en serait jamais doutée, ce jour-là était un jour spécial pour elle. Comme d’habitude, elle avait mis son manteau, placé la cruche sur son épaule, selon leur coutume, et s’était dirigée vers le puits. La tradition nous dit que son nom était Oria, en grec Photini, et en russe on dit Svetlana [et en français, Claire; ndt]. Cependant, l’Évangile ne mentionne pas son nom. Il précise qu’elle était Samaritaine, une secte qui croyait en Dieu et attendait la délivrance du Seigneur, mais qui considérait comme lieu le plus saint le mont Gerizim, où se trouvait leur temple.
C’est ainsi qu’elle était en chemin vers le puits, et peut-être était-elle occupée à penser à son sort lourd et amer. Sa vie n’avait pas tourné bien rond; elle avait tenté à 5 reprises de fonder une famille, et avait échoué à chaque fois. Son mariage actuel n’était guère plus brillant. Descendant vers le puits, elle pensait probablement à ses tâches quotidiennes, laver le linge et cuire le pain. Un voyageur fatigué était assis sur le rebord du puits, et lui demanda à boire. Voici quelque chose de complètement nouveau qui se produisait dans sa vie. Ce voyageur, c’était le Seigneur, notre Sauveur, Jésus-Christ. C’était comme s’Il attendait après elle en cet endroit, et, en lui demandant à boire, Il allait Lui-même lui donner l’eau vive de la Vérité.

Ce récit de l’Évangile nous explique 3 points.

Tout d’abord, que l’on peut rencontrer le Seigneur dans les circonstances les plus inhabituelles de nos vies. La Samaritaine ne s’attendait pas que là, assis au puits, dont chaque jour elle puisait l’eau pour leur alimentation et leur lessive, se trouvait à l’attendre un prophète, le Messie, le Christ, le Sauveur du monde. Comme nous, quand nous sommes pris dans le tourbillon de nos activités quotidiennes, nous pensons souvent que le Seigneur est loin de nous. Mais si nos coeurs n’ont pas perdu le Seigneur, alors Il nous viendra à notre rencontre même ici.

Deuxièmement, cette femme avait eu une vie difficile, et elle se sentait probablement coupable parce que ses relations personnelles n’avaient pas été bonnes. Cela n’a cependant pas empêché le Seigneur de S’adresser à elle pour lui parler de la plus sublime des choses. Elle commença à Le questionner sur la Foi, pour savoir où se trouvait le plus saint des endroits; à Jérusalem, comme l’affirmaient les Juifs, ou avec les Samaritains, sur le mont Gerizim. Le Seigneur dit : «Jérusalem est le lieu saint, d’où vient le Salut. Femme, crois-Moi, l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père, mais partout, en esprit et vérité. Dieu est Esprit.»

Quel grand secret Lui a-t’Il révélé! Vous n’avez pas à croire que Dieu vit dans un temple, bâtiment ou église particulier: il n’est pas un seul lieu sur terre où Il ne demeure. Il n’y a seulement qu’un endroit où on ne peut Le trouver, c’est là où règne le mal. Il appelle chacun d’entre nous, nous disant que Dieu est Esprit, et que ceux qui L’adorent doivent dès lors adorer en esprit et en vérité.
Cela ne signifie pas que nous ne devons pas nous rassembler en église. C’est une grande bénédiction de prier les uns avec les autres. Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas avoir d’Icônes devant nous, car elles nous remémorent le Seigneur et Ses saints. Cela ne signifie pas non plus que nous ne devons pas allumer de cierges devant les Icônes, car ils illuminent les images saintes et symbolisent notre sacrifice à l’église. Mais le plus important sacrifice doit se situer dans le coeur. Car nul sacrifice n’est agréable à Dieu, à moins que l’esprit ne soit tourné vers Lui en vérité, en honnêteté et en portant bon témoignage.

Cet esprit et vérité, c’est notre foi, une foi vraie et forte. L’esprit et la vérité sont amour, l’esprit et la vérité sont service. Cet esprit est accessible non pas seulement aux saints, aux gens extraordinaires, choisis dès le sein maternel, mais à tous. La Samaritaine est un exemple pour nous. C’était une femme ordinaire, accomplissant simplement ses tâches quotidiennes. Et Dieu l’a appelée, Il l’a appelée et lui a parlé d’Esprit et de Vérité. Cela signifie que nul d’entre nous n’a le droit de dire «Je suis bien trop pécheur, bien trop insignifiant et bien trop indigne pour entendre et comprendre la Parole du Christ.» La Bonne Nouvelle du Christ est pour chacun d’entre nous, pour tout le monde à notre époque aussi. La Parole de Dieu est comme une épée, pénétrant au plus profond de nos coeurs, jusqu’au tréfonds même de notre être. Arrivez à ne fut-ce que ressentir cette puissance, et elle vous donnera la vie éternelle, l’eau vive que le Seigneur avait promis à la Samaritaine.
Amen.
+ p. Alexander Men