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Le Père Serge Chévitch (1903-1987), un Starets Russe en Île de France.Biographie – 4

6 Αυγούστου 2014
Photo prise le 30 Novembre 1957 devant l'entrée de l'église des Trois Saints Hiérarques, à l'occasion de la consécration de Monseigneur Antoine Bloom (quatrième à partir de la droite, imberbe). Le Père Sophrony et le Père Serge sont en deuxième et quatrième position à partir de la gauche.

Photo prise le 30 Novembre 1957 devant l’entrée de l’église des Trois Saints Hiérarques, à l’occasion de la consécration de Monseigneur Antoine Bloom (quatrième à partir de la droite, imberbe). Le Père Sophrony et le Père Serge sont en deuxième et quatrième position à partir de la gauche.

Ordonné diacre le 11 et prêtre le 12 septembre 1945 en la cathédrale Alexandre-Nevsky, rue Daru à Paris, le Père Serge fut désigné comme recteur de l’église de la Sainte-Trinité à Vanves. À cette charge vint très peu de temps après s’ajouter celle d’higoumène du skit du Saint-Esprit au Mesnil-Saint-Denis près de Trappes (Yvelines).
Pendant cette période, le Père Serge était en relation épistolaire suivie avec le célèbre Starets Chariton, higoumène du monastère de Valaam, qui lui donna maints conseils utiles pour sa vie spirituelle.
Le Père Serge fit deux visites et pèlerinages en Russie, en 1947 et en 1977. Il ne fît pas d’autre voyage durant sa vie de moine, soucieux d’assurer dans sa paroisse une parfaite continuité des services liturgiques et d’être constamment présent et disponible pour tous ceux qui avaient besoin de lui.
Le Père Serge avait de l’Église orthodoxe une vision véritablement universelle, et sut accueillir sans réserve les moines d’autres nationalités qui vinrent se placer sous sa direction spirituelle et les fidèles d’origine française qui, à la fin des années soixante, vinrent de plus en plus nombreux grandir les rangs des paroissiens de Vanves.
Très rigoureux à l’égard de lui-même, le Père Serge manifestait une grande indulgence à l’égard des autres. Très strict en ce qui concerne la foi orthodoxe et la pratique des commandements, il prenait bien soin de distinguer celui qui se trompe de son erreur et le pécheur de sa faute, condamnant celles-ci mais compatissant à ceux-là.
Il avait les qualités d’un authentique starets, qui lui valurent d’être reconnu comme tel, bien au-delà de nos frontières, par les plus grands spirituels de notre époque, que ce soit le Père Sophrony avec lequel il fut toujours lié d’amitié, le Père Justin Popovitch ou les Pères athonites Éphrem de Katounakia, Charalampos et Païssios. Il fut choisi comme père spirituel par des personnalités comme Nicolas Berdiaev et Vladimir Lossky. Prélats, higoumènes, prêtres, moines et fidèles du monde entier, de nombreux et souvent célèbres représentants de l’intelligentsia russe prenaient conseil ou se confessaient auprès de lui.
Pourtant il n’eut que fort peu de disciples. Cela s’explique avant tout par sa très grande humilité. Il répétait volontiers que la vie spirituelle consiste essentiellement dans ce que l’on est, non dans ce que l’on dit. Le Père Serge ne prêchait jamais. Parfois seulement, il se contentait de lire, selon une tradition monastique établie, un texte patristique.
Au début du carême 1985, le Père Serge tomba gravement malade. Au début du mois d’octobre 1986, la maladie le frappa de nouveau, plus gravement que la fois précédente. Le Père Serge put retourner à Vanves, mais le 3 juin 1987 il fut frappé d’hémiplégie et dut de nouveau être hospitalisé. Une radiographie permit alors de constater qu’un cancer avait atteint plusieurs organes de son corps. Le 25 juillet le Père Serge communia et, avec une grande douceur et dans une grande paix, rendit son âme à Dieu.