En FrançaisΟρθόδοξη πίστη

Les deux « monothéismes » (3)

25 Φεβρουαρίου 2010

Face à la plupart des religions et des métaphysiques où la relation « je-tu » disparaît dès que l’on aborde la sphère propre à la divinité, la Bible affirme l’originalité irréductible du Dieu personnel, à la fois absolu et personnel. Mais alors apparaît par rapport à la révélation plénière du christianisme une autre limitation : le Dieu des Juifs cache les profondeurs de sa nature ; il ne se manifeste que par son autorité, son Nom lui-même est imprononçable. Il s’entoure d’une lumière inaccessible et l’homme ne peut le voir sans mourir : ni réciprocité véritable, ni face à face ne sont possibles entre cette terrifiante monade divine et l’humilité du créé. Venant de Dieu seulement, la parole, venant de l’homme, seulement l’obscurité de l’obéissance et de la foi. La « théologie » au sens propre, comme l’entendent les Pères, reste fermée à Israël.

Ainsi hors du christianisme voit-on s’opposer :

– chez les Juifs (et plus tard dans l’Islam, qui est « abrahamique ») un monothéisme qui affirme le caractère personnel de Dieu, mais ignore sa nature : le Dieu vivant mais non la vie divine.

– dans le monde antique (et aujourd’hui encore dans les traditions étrangères au sémitisme), un monothéisme métaphysique qui pressent la nature de l’absolu, mais ne peut accéder à l’absolu qu’en dissolvant la personne.

D’un côté une mystique de l’absorption où la connaissance de Dieu s’avère impossible puisque sa personne elle-même doit se résorber dans l’ineffable, de l’autre une obéissance personnelle au Dieu personnel mais sans vision de la nature divine, une connaissance interdite par la personne, comme fermée sur elle-même, de Dieu.

D’un côté, la nature noyant la personne, de l’autre la personne divine cachant la nature. Ainsi s’opposent en dehors du christianisme, une connaissance impossible (puisqu’elle nie le connu et le connaissant) et une connaissance interdite (puisqu’il n’y a pas de commune mesure, de médiation, entre le Créateur et la créature).

Sources: Textes extraits du périodique « La Vie Spirituelle », éditions du Cerf, Novembre-décembre 1987. 67e année. N° 677. Tome 141 & Icônes de Léonide A. Ouspensky et du Moine Grégoire Krug, amis de V. L., extraites de l’ouvrage “L’iconographie de l’église des Trois Saints Hiérarques”, Paris 2001.