L'Ancien Daniel de Katounakia (†1929), aux côtés de saint Nectaire d'Égine (†1920). (icône grecque contemporaine)

Un zèle ardent.

La lecture de ce livre influença tellement l’Ancien qu’il ne pouvait plus rester dans le tumulte de la ville. Il s’en allait dans les endroits inhabités de la banlieue pour y pratiquer l’ascèse à l’imitation des saints moines dont il avait lu la vie : jeûnes, veilles, longues stations debout parfois perché sur un arbre et autres mortifications. Il commença alors à songer au Mont Athos où il pensait trouver des Pères à la mesure de ceux-là. Par une providence opportune, il fit connaissance, à Athènes, avec un moine de la Sainte Montagne qui accepta de l’emmener avec lui à son retour. En attendant, il distribua toutes ses économies en aumônes. Encore…Arrivé au Mont Athos, sa première étape fut la communauté bénie de l’Ancien Daniel d’heureuse mémoire, à Katounakia. C’était un homme très pieux, lettré, réputé pour son discernement et qui possédait une grande expérience de la vie ascétique. Très compréhensif et chaleureux, il réconfortait tous ceux qui l’approchaient. Il était très lié avec saint Nectaire d’Égine. L’Ancien en conserva toute sa vie un très bon souvenir ; poussé cependant par son désir de mener une vie érémitique très rigoureuse, il resta peu de temps dans cette communauté.

«Que tes tabernacles sont aimés, Seigneur des Puissances !

Mon âme soupire et languit après les parvis du Seigneur.» (Psaumes 83,1)

Quand une âme jeune et inexpérimentée s’embrase de zèle pour Dieu, chaque lieu, chaque occasion qui se présentent suscitent l’enthousiasme et l’intérêt. La région silencieuse et retirée de Vigla, qu’aucun bruit ni soucis ne vient troubler, captiva l’attention du jeune ascète. Il y chercha immédiatement un lieu où il puisse demeurer. Ayant dans son esprit, profondément imprimés, les modèles des saints Pères dont il avait lu les vies, il croyait que devaient exister des ascètes cachés, nus, sans autre souci que la prière et la contemplation.

L’imagination que produit un zèle ardent constitue une grande tentation pour ceux qui n’ont pas d’expérience, jusqu’à ce qu’ils mûrissent.

Sources : Texte condensé et complété, traduit de l’ouvrage : « L’ancien Joseph l’Hésychaste » du Père Joseph de Vatopaidi (01/07/1921- 01/07/2009), éditions du Monastère de Vatopaidi (en Grec) et extraits condensés de la traduction intégrale d’Yvan Koenig, dans la collection « Épiphanie – Tradition orthodoxe – Grands spirituels orthodoxes du XXème siècle » dirigée par Jean-C1aude Larchet, aux Éditions du Cerf, Paris, 2002.