Les saintes moniales et martyres Fébronie († vers 305) et Théodosie (†307), icônes byzantines du XIIIe siècle

Les moniales de l’Ancien étaient des âmes très vertueuses et toutes originaires du Pont. Il leur donna un programme de vie ascétique adapté. Chaque jour, elles veillaient en priant à genou, chacune dans sa cellule, en s’adressant au Christ avec beaucoup de sanglots.

La moniale Théodora, la première Mère Abbesse, avait une grande parenté spirituelle avec l’Ancien. Par l’effet de la Grâce, que ne limite ni l’espace ni le temps, il la sentait à côté de lui quand il priait au Mont Athos. Encore…La moniale Eupraxie, une âme sanctifiée, avait confié, encore laïque, à ses amies : « J’ai vu en rêve un Ancien, comme ça il était, et il me fera moniale. » Effectivement, peu de temps après, l’Ancien la rencontra à Thessalonique. Comme elle était de Trébizonde, elle ne savait pas très bien le grec. Devenue moniale, elle lisait le psautier en turc. Quand elle lisait le livre des Heures en grec, elle ne comprenait pas et pour cela elle pleurait continuellement en priant Dieu de l’éclairer. Un soir, elle vit dans son sommeil saint Jean l’Évangéliste qui lui donna quelque chose à boire avec une cuillère. En se réveillant, elle sentit qu’elle pouvait désormais lire n’importe quoi. Elle attrapa le livre des Heures et comprit tout ce qu’elle lut.

Elle avait une grande foi envers l’Ancien et beaucoup de Grâce, à tel point qu’une fois elle avait chassé le démon d’un enfant possédé.

La moniale Fébronie, parce qu’elle était jeune et travaillait beaucoup, avait besoin de manger un peu plus que les autres. Mais l’Ancienne Eupraxie, qui était devenue Mère Abbesse après le décès de l’ancienne Théodora, était très sévère et ascétique. Elle la grondait continuellement : « Ne mange pas trop ! » La sœur Fébronie baissait la tête en rougissant de honte.

Une fois, l’Ancien reprit l’Ancienne et lui dit : « Laisse manger la jeunette, elle a faim ! – Mais celle-là elle se goinfre ! – Ne parle pas comme ça ! Regarde bien : si tu parles maintenant à table, avec le manger dans le plat au milieu, comme il est je le jette par la fenêtre ! »

Lorsqu’ils s’assirent à table, l’Ancien lui dit : « Eupraxie, fais bien attention ! » L’Ancienne garda le silence un moment, mais finalement elle ne put se retenir : « Fébronie, ne mange pas trop !!! » L’Ancien attrapa alors le plat, et vlan, par la fenêtre ! « Maintenant, vous allez tout ramasser avec la terre et vous mangerez comme c’est, pour vous apprendre ! »

Comme elle recevait les remontrances de l’Ancien avec humilité, non seulement elle se corrigea, mais encore elle se sanctifia. Une fois, sa ceinture s’étant coupée et le Père Arsène la prit pour la coudre : elle exhalait une bonne odeur parfumée, comme les reliques des saints !

Les moniales, réinstallées à Ouranopolis à cause de nouvelles tracasseries, avaient décidé de tricoter un bonnet pour le jeune Jeannot, alors depuis peu disciple de l’Ancien, qui le lui apporta. Dès qu’il le mit, il lui vint la Grâce et il s’enflamma de prière et d’amour pour Dieu.

« Révèrent Père, qu’est ce que c’est que ce bonnet ? demanda-t-il interloqué.

– Si tu savais, répondit l’Ancien, quelles prières a faites l’Ancienne Eupraxie sur ce bonnet ! C’est un vrai joyau. »

Source : Texte condensé traduit de l’ouvrage : « Mon Ancien, Joseph l’Hésychaste et Troglodyte (1897-1959) » du Père Éphrem de Philothéou, éditions du Monastère de Saint Antoine, Arizona, USA 2008 (en Grec). – Icônes du Monastère du Mont Sinaï.